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02 mai 2024

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@medialo.ca

Une situation encore précaire dans les laboratoires médicaux

CHANDLER

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©Depositphotos.com/HayDmitriy

Jenny Tardif, représentante nationale de l’APTS.

Le syndicat des technologistes médicales a beaucoup d’inquiétudes pour la période estivale à venir.

Selon l’APTS – l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux – pas moins de 25 quarts de travail ne sont pas comblés pour le mois de mai seulement, tant à l’hôpital de Chandler que de Maria.

À Chandler, une journée compte six quarts de travail (quatre de jour, un de soir et un de nuit). Les 25 quarts à découvert sur 186 représentent une proportion de 13,5% du calendrier pour le mois de mai. Les primes de nuit de 16% ne sont pas suffisantes pour mobiliser les troupes. « C’est à peu près l’entièreté des quarts de soir et de nuit qui sont à découvert. Les gens puisqu’ils ont le choix, ils préfèrent travailler de jour à Québec que de nuit en Gaspésie », explique Jenny Tardif, représentante nationale pour l’APTS.

 

Une dizaine de technologistes médicales travaillent à Chandler actuellement, soit 45% moins que leur nombre en 2016, moment de la mise sur pied de la réforme Optilab, qui a centralisé les analyses de laboratoire spécialisées. En Gaspésie, les quatre hôpitaux ainsi que les CLSC de Paspébiac, Grande-Vallée et Murdochville ont leur laboratoire serveur à l’hôpital régional de Rimouski. Toutes les situations d’urgence sont gérées localement. Il faudrait au minimum 15 technologistes médicales à Chandler, estime l’APTS.

« Nous sommes encore une fois face à une situation précaire dans les laboratoires en Gaspésie. La réforme Optilab a mis en échec la profession et la capacité d’attraction et de recrutement. Nous sommes dans un cercle vicieux, la relève est absente pour les besoins », ajoute Jenny Tardif.

Jenny Tardif APTS

©Jean-Philippe Thibault - Gaspésie Nouvelles

Tardif, représentante nationale de l’APTS

À Gaspé, en juillet 2022, l’APTS rapportait que seulement 6 des 14 technologistes médicales étaient disponibles. Certaines étaient en arrêt maladie ou avaient décidé de réorienter leur carrière. Elles sont maintenant 11. L’équipe compte aussi six quarts de travail par jour. « Il y a une légère amélioration, mais deux ans plus tard, nous sommes face à la même situation, cette fois-ci pour le laboratoire de Maria », précise la représentante.

Seuls 300 finissants obtiennent leur diplôme chaque année, alors qu’il en faudrait le double pour combler tous les besoins. Une grande valorisation du métier devrait être mise sur pied, estime le syndicat, afin de résorber le manque de travailleurs, et pas seulement en ciblant l’aspect financier. Selon les données de Québec, une technologiste médicale gagne entre 24,78$ et 35,67$ de l’heure.

« La problématique se situe au niveau politique, pour avoir une vraie volonté pour les territoires avec une grande pénurie de main-d’œuvre. C’est seulement à leur échelle qu’ils vont pouvoir changer les choses, sinon le service à la population va demeurer précaire en Gaspésie. Les technologistes médicales sont toujours là, mais on ne les voit jamais. Ils sont des travailleurs fantômes, mais sans eux rien ne fonctionne », conclut Jenny Tardif.

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