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27 septembre 2023

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@medialo.ca

Des infirmières discriminées pour des affichages bilingues, plaide le syndicat

MARIA

Hopital Maria

©Roxanne Langlois - Gaspésie Nouvelles

L’hôpital de Maria. Une personne sur cinq dans Avignon a l’anglais comme langue maternelle.

Des infirmières et infirmières auxiliaires francophones sont discriminées pour l’obtention de postes en Gaspésie, selon leur syndicat.

Le Syndicat des infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes de l’Est-du-Québec (SIIIEQ-CSQ) a fait une sortie publique hier afin de dénoncer une pratique qu’elle juge irrégulière. « Plusieurs membres du personnel de la santé se voient refuser des postes en Gaspésie sous prétexte que leur niveau d’anglais est insuffisant. Discriminer des personnes francophones, c’est un comportement complètement d’un autre siècle au Québec », déplore le président Pier-Luc Bujold.

Ce dernier rapporte que le CISSS de la Gaspésie les a avisé qu’au début du mois de septembre, les affichages de postes exclusifs pour les personnes bilingues n’étaient qu’un début et que plusieurs autres seraient à venir.

Il ajoute que l’employeur ne peut se permettre d’exacerber les importants enjeux de pénurie de main-d’œuvre en discriminant des infirmières et des infirmières auxiliaires francophones. « Plusieurs services peinent à recruter du personnel. Je ne peux comprendre qu’une organisation ait l’idée de génie de rajouter des critères de sélection pour discriminer la main-d’œuvre francophone », conteste Pier-Luc Bujold.

Selon le leader syndical, les gestionnaires du réseau de la santé dénaturent complètement la loi 96 et les plans d’accès aux services publics. Cette loi permet de mieux protéger et de promouvoir le français, tout en préservant les droits de la minorité anglophone.

 « Le CISSS de la Gaspésie, sous prétexte de respecter les plans d’accès et la loi 96, affiche actuellement des postes accessibles uniquement aux gens bilingues. Il y a dénaturation de l’esprit de la loi. C’est complètement déconnecté de la réalité », plaide Pier-Luc Bujold.

Pier-Luc Bujold, président du SIIEQ

©Photo Alain Lavoie

Pierre-Luc Bujold.

Des emplois pour tous

 

Le conseil d’administration du CISSS de la Gaspésie a adopté un plan d’accès en langue anglaise qui se déploie selon le portrait démographique de la région. « Ce plan prévoit, en effet, certains postes avec des exigences minimales d’anglais afin de répondre au besoin de la population », convient l’adjoint au président-directeur général et aux relations avec les médias, Lou Landry.

La population anglaise est en minorité dans la région. En 2018, la communauté anglophone de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine comprenait 8 790 individus pour 10% de la population totale, selon un document préparé par divers groupes communautaires dont le Comité d’action sociale anglophone (Committee for Anglophone Social Action).

En comparaison, ils ne sont que 0,6% dans la région administrative voisine du Bas-Saint-Laurent. En 2016, on estimait que 57% des anglophones se concentraient dans la Baie-des-Chaleurs. Une personne sur cinq (18,3%) a l’anglais comme langue maternelle dans Avignon. Quatre municipalités en Gaspésie ont le statut bilingue : Cascapédia-Saint-Jules, New Carlisle, Hope Town et Shigawake, qui comptent des taux d’anglophones variant entre 57% et 63%. L’accès aux soins des personnes d’expression anglaise est inscrit dans la Loi sur les services de santé et les services sociaux.

Sur le terrain, selon les plus récentes données, il manquait toujours une centaine d’infirmières dans le réseau de la santé en Gaspésie, d’où la récente stratégie de recrutement à l’international en Afrique francophone. Plusieurs postes sont disponibles actuellement. « Le CISSS de la Gaspésie offre des postes à temps complet à tous les infirmiers et infirmières […] On insiste, les personnes qualifiées, qui souhaitent travailler au CISSS de la Gaspésie peuvent le faire, qu'elles parlent anglais ou non », conclut Lou Landry.

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