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18 septembre 2022

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Le ministère de l’Environnement émet son ordonnance

PORT-DANIEL-GASCONS

McInnis

©Jean-Philippe Thibault - Gaspésie Nouvelles

En juillet, l’entreprise avait annoncé des investissements de 40 millions de dollars pour améliorer ses installations.

Deux mois et demi après avoir émis son avis préalable, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) a mis son pied à terre avec une ordonnance en bonne et due forme à l’usine de ciment McInnis de Port-Daniel-Gascons.

Avec des émissions sporadiques de poussières collantes qui durent depuis 2020, le ministère veut que le problème soit réglé une bonne fois pour toute. La cimenterie devra notamment mandater un expert indépendant reconnu par le MELCC pour évaluer le bon fonctionnement de tous les équipements d’épuration de l’air.

« St. Marys Cement doit prendre des mesures pour cesser le rejet de poussières et autres contaminants atmosphériques au-delà des normes établies dans l’autorisation d’exploitation et le Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère », explique-t-on par communiqué. Selon le MELCC, Ciment St Marys contrevient à la règlementation environnementale, notamment en omettant de transmettre ses rapports d’échantillonnage dans les délais requis et en omettant de mentionner dans ces rapports les mesures correctrices prises pour remédier aux manquements.

L’entreprise doit notamment transmettre d’ici le 31 mai 2023 un rapport pour les cinq dépoussiéreurs du procédé reliés aux trois cheminées, et d’ici 120 jours un rapport pour tout autre équipement, dont les 49 dépoussiéreurs. Elle doit aussi soumettre au MELCC pour approbation un échéancier des travaux pour le contrôle des poussières.

En date du 2 août, ce sont 84 signalements qui avaient été enregistrés auprès d’Urgence-Environnement et 11 plaintes pour des émissions de poussières de la part, notamment, des citoyens résidant à proximité de l’usine. Le MELCC recensait entre le 13 août 2020 et le 8 septembre 2021 au moins 10 cas de bris d’équipement ayant occasionné l’émission de poussières sur le site de l’usine. « Les correctifs apportés au fil des ans s’avèrent insuffisants pour faire cesser les émissions de poussières au-delà des normes établies », notait le ministère le 30 juin dernier lors de son préavis d’ordonnance, ajoutant que l’entreprise « contrevient de façon régulière à la loi, en rejetant dans l’environnement des poussières qui dépassent les normes prévues. »

Plus tard en août, la santé publique régionale indiquait que le niveau d’exposition à ces poussières – composées principalement de calcaire, de clinker et de ciment – était relativement bas et ne présentait pas de risque significatif à long terme sur la santé physique des résidents, mais que les conséquences psychologiques étaient non négligeables. « Ça représente un dérangement important pour les résidents. À la longue, ça peut causer des problèmes sérieux. La santé psychologique et physique, c’est relié. Aussi quand on n’a pas assez d’informations, ça cause un stress. C’est sur quoi nous sommes le plus préoccupés [...] Ce n’est pas banal ce que les gens vivent et on pense qu’il devrait y avoir beaucoup plus d’informations disponibles publiquement », expliquait alors le directeur régional de santé publique, Yv Bonnier-Viger, aujourd’hui candidat pour Québec solidaire dans Gaspé.

Rappelons que des avis de non-conformité ont été transmis à l’entreprise par le MELCC et que certains manquements constatés font actuellement l’objet d’une enquête pénale.

St. Marys Cement avait quant à elle 15 jours pour présenter ses observations écrites au ministre suite au préavis d’ordonnance. Elle a demandé à deux reprises une extension pour faire connaître ses observations. « Le Ministère a analysé les observations déposées par l’entreprise suivant l’avis préalable et celles-ci ne sont pas de nature à modifier le fondement de l’ordonnance. »

En juillet, l’entreprise avait annoncé des investissements de 40 millions de dollars pour améliorer ses installations. Dans une réponse écrite, St. Marys indique par ailleurs travailler avec diligence pour exploiter l’usine conformément aux normes applicables en mettant en œuvre des mesures appropriées en accord avec les conclusions du MELCC.

Commentaires

19 septembre 2022

Gagnon Roger

Est ce que cela signifie que je pourrais faire fermer la #440, la #640, la #20, la #132, la #138, etc..? On dirait quasiment une campagne organisée contre le développement gaspésien. Des cimenteries, y en a combien entre Gaspé et Coteau du Lac? Y en a combien au Québec? Étrange que la seule visée soit celle de la Gaspésie, étrange. Et nos grands promoteurs du développement gaspésien en campagne électorale sont cachés/cachées ou?

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