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28 octobre 2021

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Une exposition temporaire pour l’artiste populaire Léonard Lapierre

GASPÉ

Léonard Lapierre

©Musée de la Gaspésie

Léonard Lapierre.

L’évocation du nom de Léonard Lapierre – ou tout simplement Léo pour plusieurs – ravivera des souvenirs à tous ceux qui l’ont côtoyé.

Doté d’une imagination sans limite et animé par l’idée de donner une seconde vie aux objets, il s’est inspiré de son environnement immédiat pour créer. Après une première œuvre conçue à 16 ans, il a produit des centaines de créations à partir de matières et d’objets récupérés : bois de mer, boîtes de conserve, clés, boutons et tutti quanti. Explorant divers médiums, ses œuvres incluent des sculptures en ronde-bosse (trois dimensions) et en bois de grève assemblé, des créations en métal recyclé, en mosaïque de verre et en papier mâché, ainsi que des instruments de musique.
Personnage bien connu mais aussi très modeste, Léo Lapierre a fait l’objet de reportages télévisuels au national et il été invité dans plusieurs écoles de la région dans les années 1970 et 1980 pour présenter ses œuvres. Le directeur général du Musée de la Gaspésie, Martin Roussy, se rappelle bien ces visites en classe à l’école primaire Saint-Rosaire. « Quand il débarquait, c’était la surexcitation et on avait hâte de voir quels instruments magiques avec une tonalité spéciale il amènerait. C’était un pédagogue à sa manière très inspirant. Ses instruments sont restés gravés dans l’esprit de plusieurs enfants. Je suis très touché que 40 ans plus tard on se retrouve ici avec ses œuvres. »

Un rêve qui devient réalité

 

Le Musée de la Gaspésie a présenté ce matin en première médiatique l’exposition temporaire sobrement intitulée Cher Léo. Le lancement public se fera ce samedi 30 octobre de 9 h à midi. Les curieux pourront découvrir très exactement 99 créations du répertoire de Léonard Lapierre, aujourd’hui décédé (1928-2014). Présente pour l’occasion, son épouse Jeanne d’Arc Leblanc-Lapierre s’est dite honorée de pouvoir assister à l’ouverture de l’exposition. « C’est beaucoup d’émotions et je remercie le Musée de la Gaspésie d’avoir si bien travaillé. La présentation est bien faite et c’est bien expliqué comparativement à tout ce que j’avais empilé dans ma remise », lance-t-elle en riant. « C’est un rêve qu’il a entretenu pendant des années qui se réalise aujourd’hui. C’était un homme spécial qui aimait la vie, en même temps parfois un peu comme un clown malheureux. Il pouvait créer pendant des jours et des nuits! »

À l’image de l’atelier de Léo Lapierre, que la conservatrice Vicky Boulay a pu visiter après la mort de l’artiste, le Musée de la Gaspésie a voulu créer un effet d’amoncellement pour son exposition. « On a fait un effort, comme Léo, pour récupérer du matériel qu’on avait ici comme des palettes et des lampes [...] Il y a beaucoup d’humanité dans cette expo-là. C’est très low tech en raison de l’époque, mais aussi de l’homme. »

Musée Léo

©Jean-Philippe Thibault - Gaspésie Nouvelles

L’exposition Cher Léo regroupe 99 œuvres de l’artiste de Gaspé.

Caisses de lait, écrans cathodiques, chaises et tableau d’école font aussi partie des objets réutilisés dans le cadre de l’exposition, dont l’ambiance rappelle les années 1980. Pour plusieurs, dont sa fille Lise Lapierre, Léo était un avant-gardiste. « Il était en avance sur son temps dans les années 1970 avec la récupération. Créer, c’était sa vie. On allait sur le bord de la plage avec tous les enfants et il pouvait voir un bout de bois qu’il transformait en animal. Ça travaillait toujours dans sa tête. »

Léo Lapierre s’est aussi fait connaître jusqu’en Ontario. Par l’entremise de la femme de son neveu qui y habitait, il s’est rendu dans des écoles torontoises avec ses œuvres. « Après son passage, les élèves étaient invités à lui écrire. Des extraits de leurs lettres, qui commencent bien souvent par “Dear Leo”, assurent d’ailleurs le fil conducteur de l’exposition », explique la conservatrice. Le tout sera présenté jusqu’en 2023. Le Musée de la Gaspésie n’exclut pas la possibilité d’une exposition ambulante avec certaines œuvres qui pourraient voyager dans les villages de la péninsule.

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