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25 octobre 2021

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Patrimoine Gaspésie espère un front commun pour le Château Dubuc

CHANDLER

Château Dubuc

©Photo Gracieuseté Michel St-Pierre

Le copropriétaire du Château, Michel St-Pierre, a convié les médias à une oraison funèbre lundi dernier, après avoir tenté en vain de trouver les 153 000$ nécessaires pour reculer temporairement le bâtiment de 50 pieds, ce qui l’aurait placé à l’abri des tempêtes pour cet hiver.

Devant la situation de plus en plus alarmante que présente le Château Dubuc, Patrimoine Gaspésie propose qu’un front commun d’élus de la région se manifeste afin de préserver ce qu’il qualifie de « joyau du patrimoine gaspésien et québécois ».

Le copropriétaire du Château, Michel St-Pierre, a convié les médias à une oraison funèbre lundi dernier, après avoir tenté en vain de trouver les 153 000$ nécessaires pour reculer temporairement le bâtiment de 50 pieds, ce qui l’aurait placé à l’abri des tempêtes pour cet hiver. Le mauvais temps a déjà grugé une fois de plus une partie de l’infrastructure. « Ce qui supportait le coin de la maison est parti. Ça commence à pencher un peu. Quand ça va flotter sur la mer, j’espère que les gens vont photographier ça et mettre ça sur Facebook. Ça va être un scandale international », expliquait-il lundi dernier.

Jean-Marie Fallu, le président de Patrimoine Gaspésie, redoute aussi un tel scénario et que la couverture médiatique ne tardera pas à se répandre, risquant ainsi de faire circuler une très mauvaise image de Chandler et de la Gaspésie face à la préservation du patrimoine. « Un dur coup pour notre si chère et si fière identité gaspésienne! », appréhende-t-il.

Ce dernier invite incidemment les autorités politiques à faire front commun, à user de leur influence et à agir en toute urgence dans ce dossier. Il interpelle directement la députée fédérale Diane LeBouthillier, la députée provinciale Méganne Perry-Mélançon, la préfète du Rocher-Percé Nadia Minassian et le président de l’UMQ et maire de Gaspé Daniel Côté.

Le Château « en otage »

 

Le ministère de la Culture et des Communications a offert une aide exceptionnelle d’urgence de 40 000$ pour la sauvegarde du Château Dubuc, mais souligne qu’il n’est pas question de payer en totalité et unilatéralement le déplacement du bâtiment. « Aucun autre palier de gouvernement n'a offert d'aide jusqu'à présent. Nous espérons qu'ils travailleront avec nous pour trouver des solutions. La protection du patrimoine est une responsabilité partagée », expliquait récemment le cabinet de la ministre Nathalie Roy dans un courriel envoyé au Gaspésie Nouvelles.

Rappelons que les conseillers municipaux de Chandler ont récemment refusé (4 contre 2) d’avancer une somme de 50 000$ pour le sauvetage du Château Dubuc, ce qui aurait refroidi par la suite les ardeurs de la MRC à elle aussi s’investir dans le projet. Jean-Marie Fallu s’explique mal ce choix. « Cette décision est pour le moins inconséquente avec celle déjà prise par ce conseil municipal en novembre 2020 qui accordait au Château Dubuc le statut de bien patrimonial cité », résume-t-il.

Le président de Patrimoine Gaspésie a vu comme tout le monde que le temps n’était pas au beau fixe au conseil municipal de Chandler à la suite de la suspension de la mairesse par la Commission municipale du Québec (CMQ) et de la contestation par celle-ci de la sanction, ce qui a coûté à la ville des frais juridiques de 270 000 $. « Malgré cela, il est fort regrettable que le Château Dubuc soit en quelque sorte pris en otage au nom d’intérêts ou de motivations autres que la préservation de ce précieux bien patrimonial. Sa sauvegarde est capitale, car il est le seul témoin matériel de la grande histoire industrielle de Chandler qui revêt une importance historique et architecturale tant pour cette municipalité que pour la région et pour le Québec », conclut Jean-Marie Fallu.

Pour sa part, Michel St-Pierre était même prêt à céder le bâtiment au ministère de la Culture et des Communications. « Tant qu’à tout perdre, j’aime autant leur donner pour qu’ils les sauvent. Ils viennent d’acheter celle de René Lévesque alors ils sont capables. Mais il faudrait un décret. Ça ne rentre pas dans les programmes normés. C’est pour sauver du patrimoine. On est en extrême urgence. Si vous avez un mécène, dites-lui de m’appeler. C’est 153 000$ pour sauver le Château Dubuc; pour sauver notre patrimoine. » À bon entendeur, le message est lancé.

Le Château en bref

Construit en 1916 par Julien-Édouard-Alfred Dubuc, l’un des grands industriels francophones du début du XXe siècle, le Château Dubuc possède une valeur patrimoniale élevée. Il est associé à un personnage important de l’histoire gaspésienne et son architecture avant-gardiste est représentative de nouveaux courants alors en vogue aux États-Unis. La construction de la villa est intimement liée à la naissance de la ville de Chandler et à sa vocation industrielle. Après que Percy Milton Chandler, magnat financier américain, y ait fait construire la première usine de pulpe, il a voulu qu’elle soit dirigée par une personne capable d’en valoriser le plein potentiel. Il a alors approché Julien-Édouard-Alfred Dubuc, un des co-fondateurs de la Compagnie de Pulpe de Chicoutimi, dont l’expertise lui valait le titre de « Roi de la Pulpe ». Monsieur Dubuc a accepté à la condition que soit construite une villa d’été au bord de la mer qu’il pourrait occuper avec sa famille. C’est ainsi qu’en 1916, on a construit la Villa Marie-sur-Mer, en référence à la Villa-Marie que possédait déjà M. Dubuc au Lac Kénogami. 

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