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08 avril 2021

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Plus de 17 M$ et 20 nouveaux emplois chez Merinov

GRANDE-RIVIÈRE

Merinov

©Jean-Philippe Thibault - Gaspésie Nouvelles

• Fondé en 2010, Merinov est le seul centre de recherche appliquée au Québec voué à la pêche, à l’aquaculture en eau marine et à la transformation des produits marins.

Le seul centre de recherche appliquée au Québec voué à la pêche, à l’aquaculture en eau marine et à la transformation des produits marins pourra continuer sa mission et même élargir ses horizons grâce à un investissement de plus de 17 millions de dollars qui lui permettra notamment d’embaucher 20 nouveaux employés.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) cède du même coup à Merinov des terrains et des bâtiments pour une durée de 40 ans. Le projet de cession vise le Centre aquacole marin de Grande‑Rivière, le Carrefour national de l’aquaculture et des pêches, la station de pompage et de filtration d’eau de mer ainsi qu’un terrain de stationnement.

L’annonce de la création d’un carrefour de l’innovation à Grande-Rivière – le fameux hub d’innovation halieutique attendu depuis plusieurs années – a été faite ce matin de manière virtuelle en compagnie notamment des ministres Marie-Ève Proulx (Développement économique régional), André Lamontagne (MAPAQ) et Pierre Fitzgibbon (Économie et Innovation). La subvention est d'ailleurs octroyée par le ministère de l’Économie et de l’Innovation.

Des travaux de rénovation et d’agrandissement augmenteront la superficie des espaces, qui devraient atteindre 2 735 mètres carrés. Merinov deviendra ainsi propriétaire de l’ancien Carrefour national de l’aquaculture et des pêches (CANAP) qui sera restauré. Par la suite, la salle des bassins sera mise aux normes pour répondre aux exigences internationales. Les deux bâtiments seront reliés et permettront, à terme, de doubler la superficie afin d’accueillir de nouveaux chercheurs industriels. L’objectif est de compléter la phase des plans et devis d’ici un an et de procéder à la première pelletée de terre à l’été 2022. Le MAPAQ fournira aussi une indemnisation maximale de 250 000 $ pour les coûts de travaux de décontamination ou de réhabilitation des sols qui pourraient être requis.

Merinov, fondé en 2010, souhaite ainsi accueillir un plus grand nombre de chercheurs, d’étudiants, de stagiaires et de partenaires de recherche, et héberger de nouvelles plateformes de recherche industrielle sur les espèces commerciales, comme le homard, le crabe des neiges et les macroalgues. « C’est une très belle journée. Ça va nous permettre d’outiller les entreprises qui travaillent avec nous, qui ont besoin de ces outils et d’infrastructures pour libérer leur créativité, la mettre en application, la tester et l’appliquer dans leurs procédés industriels », explique le directeur général chez Merinov, David Courtemanche.

Concrètement, les nouveaux espaces d’innovation proposeront cinq nouvelles plateformes technologiques :

  • Des ateliers de design et de conception d’engins de pêche durables;
  • Une salle d’élevage piscicole avec technologies modernes de traitement des effluents;
  • Des laboratoires humides et de microalgues pour l’élevage de nouvelles espèces d’algues, pour la production de moulées aquacoles durables et pour la préservation longue durée des crustacés;
  • Une micro-usine pilote pour la valorisation des algues et des coproduits marins;
  • Des laboratoires d’écophysiologie et de biologie de pointe.

Attirer le privé

 

Avec ce nouveau site, Merinov se donne notamment comme objectif de démarrer une quarantaine de nouveaux projets de recherche jusqu’en 2026, de mettre en place un programme d’entrepreneurs en résidence et de générer jusqu’à 50 M$ d’investissements privés. « Donc d’accueillir de jeunes pousses, des entreprises qui veulent démarrer leurs activités, accompagnées par nos équipes », précise David Courtemanche.

À noter que Merinov bénéficie d’une aide financière de 200 000 $ via le Fonds du Grand Mouvement (Desjardins) qui vise à soutenir le développement économique régional, alors que la Caisse Desjardins du Littoral gaspésien contribue à la hauteur de 50 000 $.

De son côté, la Ville de Grande-Rivière se dit heureuse de ce dénouement, elle qui s’est impliquée activement dans ce projet de hub dès son premier balbutiement en favorisant d’abord un transfert direct de certains actifs du MAPAQ à Merinov. « Le projet de reprise du CANAP par la Ville de Grande-Rivière pour le convertir en hôtel de ville m’interpelait peu, avoue le maire Gino Cyr. Ma vision était plutôt à l’effet que notre municipalité s’inscrive dans une démarche de développement qui confirmerait son statut de centre de convergence pour l’innovation et la recherche. Le conseil municipal a donc orienté sa stratégie de développement afin de favoriser et stimuler la synergie entre les différents acteurs majeurs de la MRC du Rocher-Percé. »

La participation financière de la municipalité est de plus de 600 000 $, sous forme de crédits de taxes foncières et d’aide aux droits de mutation. L’administration municipale se réjouit donc de cette annonce du gouvernement du Québec, considérant les importantes retombées anticipées pour la région. En plus des 20 nouveaux emplois chez Merinov, une trentaine d’autres sont consolidés. Les travaux de réaménagement et de construction devraient nécessiter l’apport de 25 à 50 travailleurs.

Ce carrefour d’innovation n’est d’ailleurs peut-être que la pointe de l’iceberg puisqu’il s’intègre dans une initiative d’encore plus grande ampleur qu’est la zone d’innovation. « On a une ambition au Québec, c’est de rayonner partout au monde. Pour le faire ça prend les infrastructures et le carrefour [annoncé aujourd’hui] est un des éléments », résume David Courtemanche.

Avec les 17 millions de dollars investis par Québec dans ce vaste projet de carrefour d’innovation, restera en parallèle à savoir quel sera le dénouement pour un autre dossier d’autant plus urgent : sortir les bateaux hors de l’eau cet automne après la saison de pêche. Québec a déjà donné son aval via le Fonds des pêches pour le parc d’hivernage de Grande-Rivière – qui vise notamment l’acquisition d’une grue portique d’une capacité de levage de 60 tonnes – mais la réponse d’Ottawa se fait toujours attendre. Le Fonds des pêches du Québec est géré conjointement par le fédéral et le provincial. Rappelons que le projet de parc d'hivernage est évalué à 2 millions de dollars. Le milieu a déjà mis sur la table le quart de la somme, soit 500 000$, comme mise de fonds.

 

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