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04 décembre 2020

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Aux citoyens de décider du sort de leur église

GRANDE-RIVIÈRE

Église Grande-Rivière

©Jean-Philippe Thibault - Gaspésie Nouvelles

L'église de L'Assomption-de-Notre-Dame est un lieu de culte de tradition catholique érigé en 1893 et 1894, puis agrandi en 1915.

Avec le ralentissement des activités engendré par la pandémie et la diminution de fréquentation des dernières années, la Fabrique de Grande-Rivière ne pourra pas porter à elle seule sur ses épaules encore bien longtemps le poids de son église.

Le coussin financier accumulé s’amenuise et pourrait bien disparaître d’ici l’an prochain. D’autant plus que des travaux d’envergure seront nécessaires pour conserver ce joyau d’architecture, à la nef imposante pouvant accueillir jusqu’à 1 500 personnes assises et au plafond richement décoré de boiseries et d’ornements en plâtre sculpté, doré à la main. Un petit bijou d’architecture donc, qui peut aussi s’enorgueillir d’accueillir en ses murs un magistral orgue Casavant 1954 qui couvre l’ensemble du troisième étage, qui à lui seul vaut bien dans les 7 chiffres (l’instrument était estimé à 800 000$ il y a 10 ans). Les travaux de réfection (fenêtres, toiture, système de chauffage) pourraient quant à eux facilement frôler le million de dollars, selon la plus récente mise à jour de l’infrastructure.

Hors voilà, que faire de l’église de l'Assomption-de-Notre-Dame si elle n’accueille plus autant de fidèles? L’abandonner? Reconvertir le lieu de culte en centre multifonctionnel? En faire une bibliothèque? Un centre d’art? Une maison de la littérature? Une fromagerie? Ce ne sont ici que quelques exemples triés sur le volet, tirés de réels cas de figure d’églises du Québec qui ont été réinventées dans les dernières années. Pour décider de la marche à suivre à Grande-Rivière, un comité de pilotage a été formé, comprenant notamment des citoyens, des marguilliers de la Fabrique, le maire Gino Cyr, le curé de la paroisse ainsi que des représentants de la Maison de la culture (initiateur de la démarche), de la MRC et du Réseau en développement social du Rocher-Percé. « On demande aux gens de nous aider à coconstruire le projet. Le cœur de notre démarche c’est la transparence et ça repose sur l’implication des citoyens dans l’idéation de l’avenir de l’église. On veut que les gens sachent ce qu’on fait et ce qui se passe, en leur laissant une tribune pour s’exprimer. Parce que si on ne fait rien, l’église va fermer. Il n’y aura pas de miracle », explique le directeur général de la Maison de la culture de Grande-Rivière, Samuel Méthot-Laflamme.

Démarche participative

 

Trois consultations publiques seront menées cet hiver et au printemps. L'ensemble des citoyens auront l’occasion de participer à la démarche. Suite à ces consultations, une ébauche de projet sera présentée à la population. À cette étape de co-construction suivra la réalisation d’une étude de faisabilité architecturale et d’un plan d'affaires. La population sera informée de l’évolution du projet tout au long de la démarche via les différentes plateformes des partenaires.

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« Le plan d’affaires va nous dire si c’est viable financièrement, selon différents scénarios. Encore une fois, ça va être accessible à la population et en toute transparence parce que si ça devient un bâtiment municipal, ça va avoir des répercussions sur la capacité de payer des citoyens. Si ce n’est pas viable financièrement, la Ville devra refuser d’aller de l’avant avec une transformation. Là on va se poser d’autres questions et on n’espère pas en arriver là, même si c’est une possibilité. Mais présentement on sent une certaine fébrilité dans le projet et les appuis sont plutôt favorables à l’ajout d’usages. Je pense que ça va réveiller et conscientiser la population parce qu’à court ou moyen terme, ce n’est pas tenable de garder ça debout », analyse Samuel Méthot-Laflamme.

L’église pourrait donc devenir un lieu laïc, tout en conservant une autorisation de pratique pour le culte (sauf pour les mariages religieux sil’église est désacralisée). Dans tous les cas, ce sont les citoyens qui auront maintenant le loisir de s’exprimer sur la question à savoir ce qu’ils pensent des orientations à prendre dans un avenir rapproché.

Rappelons qu’en 2017, un sondage d’opinion mené par la firme Segma recherche dans Rocher-Percé sur le sentiment d'appartenance à l'égard du patrimoine bâti religieux indiquait alors que 91,5% des répondants considéraient très important ou assez important de préserver les éléments du patrimoine religieux. Deux personnes sur trois (65,3%) croyaient que les églises devaient être protégées en priorité. Plus de sept répondants sur dix (71,1 %) considéraient que les églises et les presbytères offrent de bonnes possibilités de transformation de leur vocation initiale.

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