Carrières dans votre région Guide resto Avis de décèsÉdition Électronique Jytrouvetout.ca

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Société

Retour

11 novembre 2020

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Près de 100 ans plus tard, les dernières Ursulines quittent Gaspé

URSULINES DE GASPÉ

Ursulines Gaspé

©Photo tirée de Facebook

Quelques jours avant leur départ, le maire Daniel Côté et la conseillère Aline Perry (absente de la photo) ont visité les dernières Ursulines en leur remettant une lettre de remerciement de la part du conseil municipal.

À l’image de leur vie et de leur parcours dans la communauté depuis 95 ans, le départ des dernières sœurs Ursulines de Gaspé s'est fait en toute humilité et en toute simplicité.

Le 6 novembre, Armande Poirier et Annoncia Bujold, toutes deux âgées de 83 ans et originaires de Saint-Siméon, ont définitivement quitté la ville, tournant ainsi la page à tout un pan de l’histoire de la Gaspésie. Si pour les plus jeunes les Ursulines n’évoquent que peu de souvenirs, il faut se rappeler qu’elles ont été d’un apport considérable dans le développement et la scolarisation de la communauté.

Les premières éducatrices

 

Ces dernières sont arrivées au bout de la péninsule en compagnie de Monseigneur François-Xavier Ross, le premier évêque de Gaspé qui a pris possession du diocèse le 25 février 1923. Deux ans plus tard, le 15 août 1925, le monastère des Ursulines était officiellement ouvert, avec son pensionnat et ce qu’on appelait à l’époque l’École normale et ménagère, qui avait notamment pour mission de former les enseignantes du primaire. Le 5 septembre, pas moins de 60 élèves, normaliennes et pensionnaires, y font leur entrée. De 1927 à 1966, elles ont été plus de 1 300 à être diplômées de l’École normale. Pour sa part, l’Institut familial accueillera 545 étudiantes entre 1939 et 1966. « Mgr Ross savait que l’une des grandes faiblesses en Gaspésie était le peu de scolarité parce qu’on avait été privé d’éducation [...] Il fallait donc des écoles et former les maîtresses d’école. Il a pensé aux Ursulines qui viendraient instruire les jeunes filles dans tous les villages. Pour lui, il fallait commencer à développer la Gaspésie par les voies de l’intelligence », explique Jules Bélanger, co-auteur de l’ouvrage Histoire de la Gaspésie.

Jusqu’au bout

 

Le rapport Parent a cependant modifié en profondeur le monde de l’éducation dans les années ’60. Le gouvernement du Québec prend alors en charge ce dossier, entraînant dans son sillon la fermeture en 1966 de l’Institution familial. En 1967-1968, le monastère des Ursulines n’est plus une maison d’enseignement. Le bâtiment est vendu et les sœurs construisent trois résidences à Gaspé, dans lesquelles elles aménageront le 30 juin 1970. L’École normale est intégrée au Cégep et cesse ses activités en 1972. « Mais après, elles ont continué à enseigner, offert des cours d’enseignement ménager, un cours commercial, œuvré dans les paroisses. Elles ont travaillé jusqu’au bout, jusqu’à leur départ. Ç’a été près de 100 ans de vie active très très productive et fondamentale pour le développement de la Gaspésie », précise Jules Bélanger, qui a d’ailleurs préparé un document sur le sujet pour le 90e anniversaire des Ursulines.

Pour sœur Rita Gagné, qui a quitté Gaspé il y a maintenant 5 ans, c’est toute une aventure qui se termine. Elle-même a enseigné à l’École normale de 1961 à 1968, avant de retourner aux études en théologie pour revenir travailler au diocèse jusqu’en 1994. « Ç’a été ma vie. Ça nous fait toutes quelque chose de quitter, mais on n’a plus l’âge d’être là. C’est une grosse page d’histoire qui se tourne », résume-t-elle.

Si les Ursulines sont demeurées effacées au fil des ans, n’en demeure pas moins que leur apport à la collectivité a été indéniable pendant les 95 ans de leur présence en sol gaspésien. « Ça me fait un peu de peine parce que ces femmes-là ont été un pilier du développement de notre Gaspésie. Elles travaillaient discrètement sans qu’on en parle beaucoup. On savait qu’un jour leur œuvre allait se terminer puisque le recrutement s’avérait plus difficile. C’est un départ qui est plutôt triste car nous perdons beaucoup. Mais elles ont suffisamment donné pour gagner notre respect, notre admiration et notre reconnaissance. C’étaient des femmes remarquables. C’est un deuil pour Gaspé et la région tout entière. C’est la fin d’une histoire importante », conclut sagement Jules Bélanger.

Commentaires

14 novembre 2020

Aimé A Cloutier

Félicitations pour tout ce que vous avez accompli , je vous souhaite le meilleur dans tout , amicalement Aimé xx.

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média