Carrières Avis de décès Classées Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Société

Retour

22 mai 2020

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Une retraite bien méritée après 50 ans de métier

JACQUES JOSEPH

Jacques Joseph

©Photo Gracieuseté

Jacques Joseph lors de sa dernière journée de travail.

Jusqu’à la toute fin, Jacques Joseph aura conservé une passion inaltérable pour sa profession qu’il aura exercée pendant très exactement 50 ans et 7 mois.

Celui qui fêtera ses 72 ans à la mi-juillet a dû accrocher ses ciseaux cette semaine, pandémie oblige. Vu son âge et vu les risques potentiels pour sa femme – greffée du cœur et hémodialysée – son médecin lui a fortement suggéré de mettre un terme à ses activités. N’eut été de la COVID-19, Jacques Joseph aurait bien aimé continuer à tailler les cheveux de ses fidèles clients encore un temps. Mais dans les circonstances, c’est une fin de parcours pour ce barbier de troisième génération connu de tous à Rivière-au-Renard. D’ailleurs, les messages, les téléphones et les remerciements pleuvent depuis qu’il en fait l’annonce officielle.

« C’est une véritable passion pour moi la coiffure. Je n’aurais jamais arrêté. Je commençais à 6 h le matin et j’arrêtais à 6 h 30 le soir. La routine va me manquer c’est certain. J’y ai passé de très belles années depuis 1969 [...] Quand j’allais en vacances, je disais à ma femme que je m’ennuyais de mon salon, parce que je m’y sens bien et j’avais toujours hâte de recouper des cheveux. C’est vraiment mon métier. Je peux même dire que j’ai adoré ça. Jusqu’à la fin je regardais des vidéos sur Internet pour connaître les nouveautés et des nouvelles techniques », lance l’infatigable septuagénaire.

Une fierté sur 3 générations

 

Mais ce n’est pas parce qu’il s’ennuiera de ses clients et de son salon qu’il s’ennuiera pour autant. Un peu de temps en forêt, un peu de travail sur son tracteur, recommencer à travailler avec les outils dans le hangar, convertir le salon en vivoir pour relaxer et prendre un peu de répit; voilà une courte liste des quelques activités qui l’attendent dans les prochains mois.

Ceci dit, Jacques Joseph en a vu et entendu de toutes les couleurs au fil des ans, depuis ses débuts dans son propre salon le 23 juillet 1969. Une coupe de cheveux coûtait alors 1$ pour les adultes et 0,50$ pour les enfants. Le barbier a d’ailleurs eu comme clients 5 générations d’une même famille. Et son premier à vie a été Dany Cotton, qui avait à l’époque 3 ans. Ce dernier était toujours fidèle au rendez-vous 50 ans plus tard. Des anecdotes comme celles-ci, Jacques Joseph en a plusieurs. D’autant plus qu’il peut se targuer d’être barbier de 3e génération, après son grand-père John Joseph qui a ouvert son propre salon sur la rue de la Reine à Gaspé en 1918 et qui a œuvré dans le métier pendant 45 ans. Son père Ernest a aussi manié les lames pendant une douzaine d’années, avant son décès prématuré à l’âge de 28 ans lors d’un accident de moto. « D’être la troisième génération de coiffeur dans ma famille, j’en suis très fier. Si je n’ai pas le sentiment du devoir accompli, je me demande bien ce que ça prend », lance-t-il en riant.

De Douglastown à Murdochville en passant par Gaspé, Saint-Majorique, Cap-aux-Os, Cloridorme, Petit-Cap et Grande-Vallée, il en aura vu passer des gens sur sa chaise pendant sa longue carrière. Même les touristes s’arrêtaient l’été puisque son salon était l’un des seuls à accepter encore les sans rendez-vous. Une question demeure toutefois. Combien de clients sont passés entre ses mains expertes au fil du temps? Ou même dans une seule journée? « Ça, je ne répondais jamais à cette question parce que les gens essayaient de compter combien j’en faisais pour savoir combien je gagnais, ajoute-t-il amusé. Je détournais toujours l’attention pour ne pas répondre et je leur disais d’aller faire le cours pour le savoir. »

Peu importe le nombre, ce sont surtout tous ces moments à discuter de chasse, de pêche, de politique, de tout en général et de rien en particulier, de la vie dans ses bons comme ses moins bons moments qui resteront gravés dans les mémoires de ses nombreux clients, qui pour certains sont devenus de véritables amis. Un signe indéniable d’une retraite bien méritée.

Commentaires

22 mai 2020

Onil Girard

Bonne retraite Jacques, passe du bon temps avec Nicole.!!

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média