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07 mai 2020

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Prével freiné dans son élan de relance par la COVID-19

COVID-19

Golf Prével

©Photo Archives

L’an dernier, les revenus journaliers pour le golf ont été en hausse de 36%.

En plus de devoir conjuguer avec l’incertitude pandémique omniprésente ainsi que des orientations en tourisme qui restent à déterminer pour la prochaine saison estivale, le Club de golf Fort-Prével lutte avec acharnement pour sa survie depuis que la Sépaq s’est retirée de la partie en 2016, laissant ainsi le contrôle à un comité de relance.

Depuis, bénévoles et salariés ne chôment pas pour optimiser les opérations et assurer la survie de cet endroit mythique. Sur le terrain, on se prépare à devoir composer avec une saison minimale. Bien qu’on puisse d’ores et déjà dégager les verts et retirer les couvertures de protection hivernale, la suite est plus nébuleuse. L’annonce de l’ouverture du commerce de détail signifie à tout le moins que les boutiques de golf auront le feu vert pour opérer, selon la lecture qu’en fait Golf Québec. Mais en l’absence de consignes claires, on avance à tâtons.

« L’impondérable, c’est d’entretenir le terrain. Même si on ne fait pas rentrer tout le monde, il va falloir minimalement s’organiser pour que le terrain soit entretenu. Après on verra comment les consignes vont descendre. Mais essentiellement on n’a pas le choix de conserver l’infrastructure, explique le président du comité de relance, Gilles Pelletier. Il faudra voir quels sont les éléments qui seront maintenus, qu’est-ce qu’il faudra garder comme services et voir de quelle façon on pourrait pratiquer le golf de façon sécuritaire si tel est le cas. »

Golfer sans héberger?

 

L’an dernier, le taux d’occupation de l’hébergement, incluant le camping, a été de plus de 80%. Ce volet occupe d’ailleurs une proportion importante des revenus à Fort-Prével, proportion qui se situe entre 30 et 35%. On évalue que les recettes du golf sont quant à elles de 30%, celles du casse-croûte de 20% et les autres revenus entre 10 et 15%. Globalement, le déficit de fonctionnement en 2019 a été de 52 000$, à des années-lumière de celui de 750 000$ enregistré lors de la dernière année d’opération de la Sépaq. Les finances s’améliorent, mais restent précaires. Devoir composer avec une ou des variables en moins dans l'équiation risque de fragiliser l’OBNL. Il faudra donc jouer de finesse pour naviguer à travers les chiffres et les actions si la saison a bel et bien lieu.

« Dans un contexte qui serait privé d’hébergement en période estivale – et c’est illusoire de penser qu’on va avoir le même taux d’occupation que l’an dernier – tout le monde marche un peu sur des œufs à savoir ce que sera la saison touristique cette année, ajoute Gilles Pelletier. Ça met tout le monde un peu à risque. C’est ce qu’on regarde présentement et si éventuellement on repart, d’évaluer nos coûts. C’est comme un jeu d’échec, d’essayer de faire en sorte de faire les bon moves pour ne pas mettre personne à risque. Si on a juste du golf par exemple, de s’assurer d’avoir assez de revenus, de voir les subventions applicables ainsi que les prêts et s’assurer qu’on puisse repartir avec un minimum d’activités sans s’endetter outre-mesure. Mais on construit le bateau en naviguant avec des consignes et des programmes au jour le jour. »

Déjà cet hiver, 8 unités de motel avaient été rénovées pour décrocher des revenus supplémentaires. Pour une saison normale, on estime que la démarche aurait permis d’aller chercher entre 70 000$ et 75 000$ additionnels. Rappelons que l’an dernier, un scénario a été présenté pour augmenter les revenus tirés de l’hébergement et rehausser la proportion de ces recettes de 30% jusqu'à 50% sur le chiffre d'affaires global. Le comité de relance indiquait alors avoir besoin d’une somme de 2,3 millions de dollars pour améliorer les infrastructures et assurer la pérennité du site. Les dernières ficelles d'un plan d’affaires sont d’ailleurs en train de s’attacher; plan qui aurait dû être déposé en début avril n’eut été de la pandémie.

À quand l’ouverture?

 

Bon an mal an, le Club de golf Fort Prével ouvre ses portes vers la fin du mois de mai. L’an dernier, malgré la perte d’une vingtaine de membres, les revenus journaliers ont été en hausse de 36%, ce qui était de bon augure pour l'année 2020. Malheureusement, tout porte à croire que cet air d’aller s’essoufflera cet été. Restera à voir ce que décidera le gouvernement du Québec quant à la suite des choses.

Ailleurs, en Saskatchewan par exemple, la pratique du sport sera permise dès le 15 mai. Avec quelques modifications : pas de râteau autour des trappes de sable, pas de bancs pour s’asseoir, pas de lave-balles et l’autorisation d’une seule personne à la fois par voiturette, à moins de demeurer sous le même toit. Les coupes seront aussi surélevées pour ne pas que les joueurs aient à récupérer leur balle au fond du trou. Les départs devront être espacés de 20 minutes, comparativement aux 8 minutes habituelles.

Mieux encore, dans la province voisine du Nouveau-Brunswick, le golf est autorisé depuis le 25 avril alors que la Colombie-Britannique n’a jamais officiellement refusé l’accès à ses terrains. Il serait donc envisageable de penser que le golf sera l’un des premiers sports à être permis lors de la reprise des activités touristiques économiques. Mais le tout reste à confirmer. À suivre.

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