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06 février 2020

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Dure semaine pour le Cégep de la Gaspésie

Cégep Gaspésie

©Jean-Philippe Thibault

Le Cégep de la Gaspésie et des Îles engrange des profits de près de 1 million de dollars grâce à son campus de Gaspé.

Le campus du Cégep de la Gaspésie et des Îles situé à Montréal a été au cœur de la tempête une bonne partie de la semaine et a défrayé la manchette plus souvent qu’à son tour.

Les médias nationaux ont fait leurs choux gras de la situation qui prévaut actuellement au campus de Montréal, qui accueille pas moins de 2 200 étudiants internationaux – principalement de l’Inde, et dans une moindre mesure de la Chine et du Brésil. Là où le bât blesse, c’est que ces élèves reçoivent leur éducation uniquement en anglais. La page du site web du campus de Montréal n’est aussi disponible que dans la langue de Shakespeare.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a expliqué en point de presse qu’il demanderait au Cégep de traduire le site web et d’offrir de la formation en français. De son côté, le directeur du service de la formation continue et responsable du campus montréalais, Sylvain Vachon, a expliqué que de la formation serait effectivement donnée en français dès cet automne, et que des cours pourrait être suivis notamment par des étudiants provenant du Vietnam. Le site web sera aussi traduit dans les meilleurs délais.

Revenus non négligeables

Les étudiants internationaux paient le gros prix pour s’instruire au campus de Montréal, déboursant la coquette somme de 7 000$ par session pour une attestation d’études collégiales (AEC). Aucun denier public n’est investi dans cette démarche. Dans le débat, certains ont évoqué le détournement de la mission première du Cégep, contribuant à la corrosion du français dans la métropole. Moins ont parlé du sous-financement qui régnait à l’époque dans un contexte de compression budgétaire qui a mené à cette stratégie mise sur pied en 2015 pour trouver des nouveaux fonds.

Dans un texte paru l’été dernier dans les pages du Gaspésie Nouvelles, l’ex-directeur général du Cégep évoquait un surplus dégagé de près de 1 million de dollars grâce à ces étudiants internationaux. Des sommes dont on envisageait à l’époque utiliser pour combler le déficit dans les infrastructures, que ce soit aux résidences du campus à Gaspé ou pour les travaux de réfection de la piscine. « Ce ne serait pas étonnant que les choix se dirigent vers là. La latitude de ces fonds nous permet de regarder aussi pour des nouveaux partenariats, améliorer le programme de formation à distance, enrichir le programme de Tourisme d’aventure ou celui de Recherche-études », indiquait alors Yves Galipeau.

Rappelons que les débuts ont été modestes avec une trentaine d’inscriptions lors de la cohorte de départ en mai 2015 au campus de Montréal.

Un partenaire sous la loupe

Autre tuile pour le Cégep de la Gaspésie et des Îles ce matin alors qu’on apprenait que l’un de ses partenaires était visé dans une poursuite de 3,8 millions de dollars.  

Retour en arrière. En juin, le Cégep de la Gaspésie et des Îles a signé une entente de 10 ans avec le Collège Matrix. Grossièrement, ce dernier est responsable du marketing, de la vie étudiante, des équipements et des locaux au campus de Montréal, dont le nouvel édifice acquis récemment sur la rue Henri-Bourassa, près de la station de métro. Le Cégep de la Gaspésie et des Îles a pour sa part la responsabilité de l’admission des candidatures étudiantes, la pédagogie, en plus d’embaucher et encadrer les enseignants et le personnel administratif.

Naveen Kolan

©Jean-Philippe Thibault - Gaspésie Nouvelles

Naveen Kolan (photo) et le Collège Matrix seraient poursuivis pour 3,8 millions de dollars selon ce que rapporte La Presse+ et le Journal de Montréal.

Hors on apprenait ce matin dans La Presse+ et dans le Journal de Montréal qu’une poursuite a été déposée en Cour supérieure fin janvier, visant l’homme d’affaires Naveen Kolan et son entreprise qu’est le Collège Matrix. La poursuite provient de Rehill Services, un sous-traitant basé en Inde qui devait se charger du recrutement et de trouver des élèves, moyennant une somme de 1 500$ par session pour chacun d’eux. Selon La Presse+, un cabinet d’avocats mandaté par Rehill Services aurait ainsi envoyé des lettres au Cégep de la Gaspésie et des Îles concernant des sommes dues pour 487 élèves recrutés. On y indique qu’en raison des liens d’affaires étroits avec le Groupe Matrix, et que puisque les sommes dues concernent des étudiants enrôlés au campus de Montréal, le Cégep pourrait potentiellement être impliqué et tenu responsable.

Sylvain Vachon a cependant rappelé que les relations tierces que pouvait entretenir le Collège Matrix ne concernait pas le Cégep. « On se pose des questions à savoir pourquoi on est lié à cette affaire-là », rapportait-on dans le Journal de Montréal.

Le Cégep de la Gaspésie et des Îles tient d’ailleurs à préciser qu’il n’a pas de relation directe avec la firme Rehill Services. La relation d’affaires concerne seulement Rehill Services inc. et le Collège Matrix. Le Cégep fait actuellement des démarches pour se retirer du processus judiciaire.

« Le Collège Matrix assure faire le nécessaire pour corriger la situation et il reconnait que le Cégep de la Gaspésie et des Îles ne devrait pas être impliqué dans ce processus. Le Collège Matrix fera également des démarches afin de retirer le Cégep de ces procédures », explique la maison d’enseignement.

On rappelle aussi qu’au moment de la signature de l’entente entre le Cégep de la Gaspésie et des Îles et le Matrix Global, aucune poursuite n’opposait le Collège Matrix à son sous-traitant. Le Collège Matrix a par ailleurs confirmé que le Cégep de la Gaspésie n'a aucun lien dans cette affaire. « La poursuite dont il est question est présentement devant les tribunaux. Elle concerne uniquement le Collège Matrix et Rehill Services. Le Cégep de la Gaspésie et des Îles ne devrait donc pas être impliqué dans la procédure. Des démarches sont présentement en cours afin qu’il soit retiré du processus judiciaire », a précisé par écrit la direction générale du Collège Matrix.

Commentaires

6 février 2020

Coulombe

J'ai quasiment honte d'ětre gaspésienne quand j'entends des choses aussi horribles sur les magouilles des dirigeants du collėge de Gaspé. Nous qui nous battons pour que nôtre langue se perpėtue, des gens insensibles å la réalitė de notre Québec se permettent des insultes aux Québécois en catimini en plus avec la complicité des anglais. Bravo!

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