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26 novembre 2019

Dominique Fortier - dfortier@lexismedia.ca

Les ambulanciers de la Haute-Gaspésie et la Côte-de-Gaspé attendent toujours l'abolition des horaires de faction

SERVICES AMBULANCIERS

Ambulance

©Photo Dominique Fortier - Gaspésie Nouvelles

Il n'est pas rare que plus d'une ambulance soit dépêchée sur les lieux d'un accident.

Alors que de nombreuses régions du Québec sont passées des horaires de faction aux horaires réguliers, les paramédics des deux MRC du nord de la Gaspésie attendent toujours ces changements souhaités depuis plusieurs années.

L'horaire de faction fonctionne sous le principe du 24/7, soit que les ambulanciers doivent être disponibles 24 heures sur 24 pendant 7 jours en cas d'un appel d'urgence tout en étant payé que 11.43 heures au total. Cette contrainte force les ambulanciers à élire domicile à cinq minutes de la caserne et, évidemment, à être disponible en tout temps.

Pour le vice-président aux relations de travail à la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), Jérémie Landry, cette situation a des effets néfastes, non seulement sur les employés actuels, mais aussi sur les futurs ambulanciers. « Les mentalités ont changé. C'est de plus en plus difficile de recruter des jeunes ambulanciers qui privilégient la vie familiale avec ce type de conditions de travail. »

Par ailleurs, un important virage a été amorcé en 2018 et de nombreuses régions du Québec ont reçu les subventions gouvernementales nécessaires pour convertir les horaires. En Gaspésie, le dossier a été réglé partout sauf en Haute-Gaspésie et dans la Côte-de-Gaspé. « Il n'y a pas de raison que ces deux MRC ne reçoivent pas le même traitement que le reste de la Gaspésie. D'ailleurs, la ministre de la Santé, Danielle McCann s'était engagée à régler l'ensemble du dossier d'ici la fin de l'année 2019 », explique Jérémie Landry, ajoutant que le but de cette sortie médiatique est de rappeler à la ministre McCann qu'elle terminer le travail amorcé.

Service affecté et piètres conditions

La transformation des horaires de faction en horaires réguliers est nécessaire pour répondre à deux besoins, selon les ambulanciers. Premièrement, il en va de la sécurité des citoyens puisqu'un paramédic sur un horaire de faction répond moins rapidement à un appel d'urgence que son collègue qui est déjà à la caserne, prêt à intervenir. Pour l'ambulancier sur l'horaire de faction, la réalité fait en sorte qu'il peut être chez lui, au lit, et recevoir un appel. Il doit donc d'habiller, se mettre en état d'alerte rapidement et filer à la caserne. Le temps de réponse est donc allongé de quelques minutes, ce qui peut représenter la différence entre la vie ou la mort dans certains cas urgents.

Ensuite, il y a la réalité des ambulanciers qui doivent sacrifier toute activité ludique ou familiale comme une journée de ski dans le Parc national puisqu'ils doivent être prêts à répondre à un appel, donc à l'intérieur du cinq minutes de la caserne à laquelle ils sont rattachés.

Dans le cas de la Haute-Gaspésie, les ambulanciers annemontois sont appelés à couvrir Murdochville sous le modèle de l'horaire de faction, ce qui signifie qu'ils doivent camper à la caserne pendant sept jours. Donc, pas question de retourner à la maison à la fin du quart de travail comme c'est le cas dans un horaire régulier.

Déploiement dynamique

Une solution avancée pour améliorer la couverture tout en limitant les coûts associés à la transformation des horaires de faction en horaires réguliers est le déploiement dynamique. « L'idée est d'utiliser l'ensemble des ambulances disponibles sur un territoire et de les déplacer en prévision d'un appel. Par exemple, si une ambulance de Grande-Vallée est sur un appel et qu'il y a deux véhicules à Rivière-au-Renard et Gaspé, on déplacerait temporairement celui de Rivière-au-Renard plus près de Grande-Vallée pour assurer une meilleure couverture », illustre Jérémie Landry.

Caplan est un exemple de ce déploiement. L'horaire de faction 24/7 a été transformé en un quart de travail de jour auquel les ambulanciers de New Richmond se déploient dynamiquement pour compléter la couverture au besoin. Le tout s'est donc fait à coût nul pour Caplan, selon la FPHQ.

Actuellement, toutes les casernes de la Haute-Gaspésie et de la Côte-de-Gaspé roulent sur des horaires de faction à l'exception de Sainte-Anne-des-Monts et Gaspé qui ont aussi un horaire régulier mais de jour seulement.

Du côté du cabinet de la ministre de la Santé, on se contente de dire que le dossier est toujours à l'étude.

Jérémie Landry

©Photo Gracieuseté

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