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21 août 2019

Roxanne Langlois - rlanglois@lexismedia.ca

Accueil positif, mais « sans euphorie »

Compensations fédérales versées aux producteurs laitiers

vache laitière

©Photo Gracieuseté

Le propriétaire d’une ferme de 80 vaches laitières recevra 28 000 $ en compensations pour la première année.

PRODUCTEURS LAITIERS. Si les producteurs de lait canadiens recevront au courant des prochaines semaines un premier chèque du fédéral pour compenser les pertes financières découlant de la ratification de deux accords internationaux en matière de commerce, le Syndicat des producteurs de lait de la Gaspésie, qui accueille positivement « mais sans euphorie » cette nouvelle, rappelle que des « pertes à vie » découleront de ces traités.

« Le marché qui a été donné, il a été donné à vie », lance d’emblée le président du syndicat, Normand Barriault. Le producteur laitier de Carleton-sur-Mer est satisfait de voir le fédéral respecter son engagement ; il rappelle néanmoins que la somme qui sera versée était « due » aux producteurs et qu’il ne s’agit en aucun cas d’un cadeau.

Le gouvernement de Justin Trudeau a annoncé, le 16 août dernier, que 1,75 milliard $ seraient octroyés aux 11 000 producteurs du pays pour les huit prochaines années, dont 345 millions $ sous forme de paiements directs pour l’an un.

Ces versements, qui compenseront pour les exportations consenties en vertu de ces deux accords, seront effectués via la Commission canadienne du lait. Ils se feront proportionnellement au quota détenu par chaque producteur. Par exemple, le propriétaire d’une ferme de 80 vaches laitières recevra 28 000 $, une somme fixée par un comité d’experts.

« Ça représente 350 $ par vache, mais ça, c’est pour la première année. […] Les 345 millions $, c’est pour compenser le fait que les importations sont déjà sur le marché depuis deux ans ou deux ans et demi », rappelle M. Barriault. Pour les sept autres, « les millions fondent à vue d’œil », renchérit-il, précisant que les sommes réservées se chiffrent plutôt à 200 millions $ pour chacune d’elles.

Sur huit ans, chaque entreprise touchera en moyenne entre 14 000 $ et 15 000 $ annuellement, alors que Normand Barriault estime que les pertes se situeront entre 25 000 $ à 30 000 $ pour les principaux intéressés. « Les producteurs, au niveau de la trésorerie, ont de façon générale de la difficulté parce qu’il y a un manque à gagner », résume le président.

Cette annonce fait suite à la ratification de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne et l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (PTPGP). 

« Le ''feeling'' que j’ai des producteurs, c’est qu’ils auraient préféré avoir un marché au lieu d’un chèque », précise le syndicaliste. Selon M. Barriault, environ 6 % du marché canadien a été consenti à l’étranger.

Rémi Massé satisfait

Le député d’Avignon-La Mitis-Matane-Matapédia, Rémi Massé, était présent lors de l’annonce faite par la ministre de l’Agriculture et l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau. Il s’est quant à lui dit « particulièrement content » de cette entente négociée au terme de plusieurs mois de pourparlers entre Ottawa et les représentants des producteurs laitiers canadiens.

Selon lui, il a été un peu plus complexe que prévu d’en arriver à une annonce, car le gouvernement Trudeau souhaitait d’abord en venir à une entente commune effective pour tous les producteurs œuvrant sous la gestion de l’offre, notamment les producteurs d’œufs et de volailles. Or, une telle avenue s’est finalement avérée impossible.  « On espère bien en venir à une entente aussi rapidement. La ministre nous a confirmé que les négociations se poursuivent », ajoute Rémi Massé.

Un troisième traité à venir

Si l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) a été accepté, l’entente qui succède à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) n’a pas encore été ratifiée par les trois pays concernés. Des compensations distinctes devront donc être spécifiquement négociées pour ce troisième traité commercial. M. Barriault déplore que de nouvelles pertes financières pour les producteurs en découleront.

« C’est comme un gros bateau plein de trous sur lequel on essaie de mettre des "plasters". Éventuellement, ça ne vaudra plus rien dire, la gestion de l’offre », déplore-t-il. De son côté, le député Rémi Massé précise que le travail reprendra afin de dûment compenser les producteurs

« Avec le groupe de travail qui a été mis en place et la structure de l’entente qui a été négociée, on a déjà une bonne base pour pouvoir s’entendre », souligne-t-il avec optimisme.

La Gaspésie compte 14 producteurs laitiers. Environ 50 % des producteurs canadiens œuvrent au Québec.

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