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13 juin 2019

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Unipêche obtient une injonction pour faire cesser les entraves à quai

Unifor

©Photo Unifor

Plus de 200 personnes de Grande-Rivière se sont déplacées pour rencontrer la cinquantaine de membres d’Unifor présents lors d’un rassemblement dimanche.

Suite à des incidents survenus en mai et plus intensivement la semaine dernière au quai de Grande-Rivière, Unipêche a obtenu de la Cour supérieure une ordonnance pour que cessent les entraves dont l’entreprise a été victime.

Des preuves déposées en cour font état de gestes de vandalisme, de menaces, de piquetage aux résidences personnelles des dirigeants d’Unipêche, d’entraves aux chargements au quai de Grande-Rivière et de blocage d’un camion par des piqueteurs. Ces gestes ont été posés par des employés passés et actuels des Crustacés de Gaspé « et des individus inconnus en concertation et avec la tolérance d’Unifor », peut-on lire dans la décision rendue mardi au palais de justice.

Jusqu’au 20 juin

 

Depuis l’annonce de fermeture des Crustacés de Gaspé, Unifor a multiplié les sorties publiques, les pressions et les initiatives pour faire rouvrir l’usine. L’organisation évoque depuis le début une tentative d’étouffer dans l’œuf la démarche de syndicalisation en mettant la clé sous la porte, alors que l’employeur évoque une raison d’affaires. Rappelons que les employés étaient en pleine négociation d’une première convention collective lorsqu’ils ont appris que l’usine fermait ses portes.

Dans l'injonction – qui restera en vigueur jusqu’au 20 juin – on y lit que le préjudice qui découle des entraves est difficile à quantifier, mais qu’il y a un risque pour la survie de l’entreprise et que si ces perturbations continuent, elles mettront en péril la viabilité financière d’une deuxième usine de transformation de crabes de la région – à Paspébiac – de même que les emplois qui y sont rattachés. Depuis la fermeture de l’usine à Grande-Rivière, les camions réfrigérés d’Unipêche garnis de crabes des neiges doivent se rendre jusqu’à Paspébiac, à environ 85 km plus à l’ouest.

La juge a donc accordé une ordonnance d’injonction interlocutoire provisoire pour que cessent immédiatement les entraves au libre accès au quai de Grande-Rivière, les entraves pour le transport vers Paspébiac, les bris aux équipements ainsi que pour empêcher que des individus affiliés se rendent sur la propriété privée des dirigeants d’Unipêche. La direction a indiqué qu’elle n’accorderait aucune entrevue à ce sujet par respect de la décision des tribunaux.

Sauver la saison 2019

 

De son côté, le directeur québécois d’Unifor Renaud Gagné entend respecter cette injonction de la cour, mais est d’avis qu’il ne faut pas trébucher dans les fleurs du tapis et plutôt se concentrer à ce que la convention collective soit entérinée pour mettre de la pression sur l’employeur et faire rouvrir l’usine dès que possible. « Le droit au Québec reconnaît le droit de ralentir les activités. Dans aucun cas, la situation n’a été paralysée. Pour ce qui est de subir des pertes, qu’on ne nous mette pas ça sur le dos quand eux ont décidé de transférer la transformation dans des usines plus loin […] Quand on déplace le crabe 80 km plus loin dans une usine désuète, il n’y a aucune justification économique de faire ça. L’usine de Grande-Rivière est la plus moderne des installations de la compagnie et même de la Baie-des-Chaleurs. On a voulu écraser le mouvement. »

La président d’Unifor précise que malgré le peu de temps, ce serait 95% de la convention collective qui serait prête et qu’il ne suffirait qu’un peu plus de temps pour boucler le tout. Il déplore cependant le peu de plages horaire qui seraient rendues disponibles par la partie patronale. « En deux jours seulement, on a réussi à régler 95% de la convention. Avec quelques heures de plus on aurait terminé … On a dû utiliser tous les outils disponibles pour forcer l’employeur à s’asseoir. Imaginez si on avait pu négocier en novembre, décembre, janvier, février, mars … Cette usine serait opérée de façon normale. »

Selon Renaud Gagné, tout n’est pas perdu pour la saison 2019 et le MAPAQ serait prêt à faire des aménagements au permis pour permettre aux Crustacés de Gaspé de faire une saison de 14 semaines, avec 7 ou 8 semaines de homards et la balance avec du poisson de fond, par exemple. Une quinzaine de travailleurs n’auraient toujours pas réussi à trouver d’emploi ailleurs. « La priorité reste de régler la convention collective et rouvrir l’usine pour faire travailler notre monde. Quand la convention va être réglée, ça va augmenter la pression tant sur l’entreprise que le gouvernement pour l’opérer », conclut le directeur d’Unifor.

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