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21 mai 2019

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Eon Art dans les ligues majeures de l'acoustique

AFFAIRES

Eon Art

©Jean-Philippe Thibault - Gaspésie Nouvelles

L'amplificateur Quark a été lancé officiellement au Salon Audio de Montréal le mois dernier.

Difficile de s’imaginer, en se baladant tranquillement sur la rue Commerciale à Chandler, que l’une des portes s’ouvre sur ce qui est sans contredit l’un des meilleurs endroits dans l’Est de la province pour écouter de la musique et en apprécier toutes les subtilités.

Dans les locaux d’Eon Art (à deux pas du Mich Café), condensateurs, transistors et circuits imprimés s’empilent dans la salle d’assemblage; le local de recherche et développement est plein à craquer d’équipements à la fine pointe de la technologie et les différents bureaux fourmillent de plans et de technologies propres aux lieux où foisonnent les idées. Et au centre de tout cela, une pièce qui détonne pour un atelier. Un salon classique à l’éclairage tamisé, qui pour mobilier comprend plusieurs bibliothèques chargées de vinyles, deux divans capitonnés, quelques chaises et autres éléments sobres de décoration. Sauf qu’ici, point de téléviseur. Ce dernier a légué sa place centrale à un amplificateur dernier cri et deux haut-parleurs qui font presque la taille d’un homme, dans ce qui est en fait une salle d’écoute (très) haute performance.

À lui seul, l’amplificateur intégré Quark – de son petit nom – se détaille à 35 000$. La recherche et le développement pour sa création  débuté en France en 2008 et s’est concrétisé à Chandler en 2018. Pour y parvenir, la société a d’ailleurs installé dans ses locaux le laboratoire en électronique audio le plus important et moderne au Canada. Le Quark a été lancé officiellement au Salon Audio de Montréal le mois dernier. Les haut-parleurs Cybela valent quant à eux 72 000$ la paire, alors que les modèles d’entrée de gamme débutent à 16 000$. Des produits qui ne sont certes pas pour toutes les bourses, mais dont les performances font leur bonhomme de chemin dans le monde pointu de la sonorité haut de gamme. « La qualité des produits qu’on sort ici sont parmi les meilleurs au monde. On fabrique des produits de luxe; l’expression ultime de ce qui peut être fait », résume le président et concepteur d’Eon Art, Stéphane Hautcoeur.

La qualité d’abord

 

L’équipement audio qui distribue ses harmonies partout dans l’édifice de la rue Commerciale a été assemblé à la main et sur place de A à Z, par une équipe d’amoureux de la musique, dans un souci de précision extrême. Le modèle d’affaires s’apparente à d’autres entreprises de luxe comme Rolls Royce, dont tous les véhicules – seulement 3 800 par année environ – sont assemblés à la main. Chez Eon Art, uniquement une cinquantaine d’unités de chaque produit sont créés à chaque année. Chacune des étapes est rigoureusement contrôlée et chaque ouvrier spécialiste doit apposer sa signature dans un carnet de charge qui sera remis à l’acheteur le moment venu. Et un procédé unique a été développé pour atteindre les plus hautes sphères sonores. « On a développé toute une méthode de simulation informatique qui n’existait pas avant dans ce type de produits, dans une optique d’optimisation où on utilise des ordinateurs pour simuler les circuits des millions de fois avec des valeurs différentes très légèrement ajustées pour trouver les meilleures combinations possibles. Ça nous permet d’avoir à quelques personnes l’envergure d’une équipe de centaines d’ingénieurs », explique le président.

D’autant plus qu’aucune école n’offre la formation spécialisée requise et que les employés doivent apprendre une bonne partie de leur métier sur place. « L’expérience ici s’apprend sur le tas. Même si quelqu’un a les bases, ça prend quand même des mois et des mois à former. C’est un problème pour l’industrie en général. Il n’y a pas d’école qui enseigne la fabrication d’appareils haute-fidélité en musique […] On doit former les gens et on reçoit des demandes de personnes de pays comme l’Inde, le Pakistan, Israël ou le Japon. Malheureusement, on n’est pas une école et on doit choisir les gens qui vont travailler chez nous. Mais c’est très intéressant pour quelqu’un qui s’y intéresse, de faire partie des meilleurs et de créer un produit de cette qualité », explique Stéphane Hautcoeur.

Les yachts dans la mire

 

Exception faite des sources qui sont signées par Oracle Audio, une compagnie qui a pignon sur rue à Sherbrooke, les composantes de base des amplificateurs et des haut-parleurs proviennent essentiellement des États-Unis et de l’Europe (pour la simple et bonne raison que personne au Québec n’en produit d’une qualité suffisante). Pourquoi donc vouloir s’établir à Chandler, outre le fait qu’il s’agit du lieu où a grandi Stéphane Hautcoeur?

C’est qu’Eon Art a dans sa mire le marché inexploité des systèmes audio haute-fidélité pour les yachts; industrie réservée aux multimillionnaires (milliardaires?) qui doivent plus souvent qu’autrement se contenter d’équipements sonores qui leur convient autant qu’une carabine à plomb pour aller chasser l’orignal. Un non-sens pour l’entreprise gaspésienne qui entend bien percer le marché d’ici un an à peine, et avoir alors sous son aile entre 8 et 10 employés sur place en période de pointe. Pour ce faire, un partenariat s’imposait avec une firme d’électronique maritime spécialisée en intégration de systèmes : Océan Marine, à Chandler. « Ils nous ouvrent tout un marché dans les yachts. On a les versions marines des produits qui sont en conception présentement et là-dessus il n’y a aucune concurrence présentement. Océan Marine nous apporte tout un côté distribution et compétence en électronique marine. Ils avaient aussi des locaux disponibles ici alors c’était naturel pour nous de s’approcher », explique le président, qui est revenu à Chandler depuis 2017.

Déjà, les produits d’Eon Art se retrouvent dans les Caraïbes, aux États-Unis, en Europe et au Québec, avec des points de vente en France et en Angleterre, mais aussi dans les régions comme à Rivière-du-Loup. Si le marché des yachts s’ouvre, les appareils acoustiques conçus en Gaspésie pourraient bien dans un avenir rapproché se retrouver sur les 7 mers du monde.

En bref

 

Eon Art Canada Inc est le résultat de la fusion entre Eon Art Haute Fidélité du Canada et Venus Acoustic de France, une compagnie de fabrication d’enceintes de haut niveau fondée par Nicolas Dutrieux.

Eon Art

©Jean-Philippe Thibault - Gaspésie Nouvelles

Le président et concepteur d’Eon Art, Stéphane Hautcoeur.

Commentaires

21 mai 2019

Marc Philip

Le traitement acoustique du local a été confié à une entreprise de Princeville (Québec) www.inovaudio.com

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