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30 avril 2019

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Comment régler le surplus d’orignaux dans le parc Forillon?

ENVIRONNEMENT

Orignal Hiver

©Photo Parcs Canada – Norbert Denis

On compte environ 850 orignaux sur le territoire du parc national Forillon.

Le nombre d’orignaux a doublé dans le parc national Forillon entre 2009 et 2017.

Les inventaires aériens indiquent qu’on en compte maintenant 35 par 10 km². C’est grosso modo 850 orignaux qui sont présents sut le territoire du parc national Forillon. La densité était de 18 par 10 km² si l’on remonte à 2009. Sauf que déjà, ce nombre était dans la fourchette supérieure de la limite idéale. Dans le meilleur des mondes, une forêt saine devrait accueillir entre 10 et 20 orignaux par 10 km². « À ce niveau, ils sont en équilibre avec la forêt, mais on croit qu’ils peuvent débalancer le système au-delà de cette densité », résume Mathieu Côté, gestionnaire de la Conservation des ressources.

C’est que les impacts sur la forêt commencent à se faire sentir sur un territoire trop giboyeux, d’autant plus que les orignaux peuvent aller et venir à leur guise dans le parc Forillon puisque le loup, son principal prédateur naturel, ne cohabite pas dans cette zone. Et évidemment, la chasse n’est pas permise, ce qui permet habituellement d’équilibrer les populations. En comparaison, la densité est d’environ 10 orignaux par 10 km² ailleurs en Gaspésie. « On considère qu’on est dans un contexte de population surabondante. On est à un niveau tel que si elle se maintient ou continue à augmenter, ça pourrait avoir des impacts importants à moyen terme sur la végétation du parc. »

Forêt à risque

 

Dans d’autres parcs nationaux des Maritimes, le problème d’excédent d’orignaux a déjà été observé et a engendré différents problèmes, à commencer par une régénération déficiente de la forêt. C’est que lorsque les arbres meurent, les jeunes pousses et le sous-couvert qui devraient venir prendre la relève ont déjà tous été broutés par les orignaux, ce qui met à risque tous les animaux qui ont besoin de la forêt pour s’abriter et se nourrir. « Étant herbivores, ils peuvent avoir un impact sur l’écosystème forestier et la végétation. On peut arriver à devoir faire de la restauration forestière en reboisant parce qu’il y a des plaques de forêt qui ne se regénèrent plus. Nous n’en sommes pas là dans notre situation, mais le signal d’alarme sur leur niveau de population nous mène à porter des actions proactives pour justement ne pas en arriver là », ajoute Mathieu Côté.

C’est dans cette optique qu’un plan de gestion quinquennal est présentement en préparation et que des consultations publiques seront tenues un peu plus tard dans l’année. Quelques options déjà testées ailleurs seront analysées pour une éventuelle application dans le parc national Forillon, comme la chasse de conservation en ciblant des segments de la population d’orignaux, pour ultimement en réduire le cheptel. La stérilisation pourrait aussi être envisagée. Quant au déplacement pur et simple ou bien tenter de faire augmenter la prédation naturelle, il faudra aussi examiner les coûts de l’opération.

« Quand on fait l’analyse, on doit regarder les effets sur les enjeux de conservation et aussi les aspects socioéconomiques. On ne peut pas avoir n’importe quelle solution à n’importe quel prix. C’est l’objectif du plan de gestion de regarder les différentes options », conclut le gestionnaire de la Conservation des ressources.

Le nouveau plan de gestion devrait être déposé d’ici l’automne ou au plus tard au début de la prochaine année.

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