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16 octobre 2018

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@lexismedia.ca

Cannabis : pas besoin d’ajouter de règlements municipaux, estime la santé publique

SOCIÉTÉ

©© HA Photography 2014

Le légalisation du cannabis entre en vigueur ce mercredi 17 octobre.

Face à la légalisation du cannabis qui entre aujourd’hui en vigueur, la Direction de santé publique de la Gaspésie ne recommande pas d’ajouter une réglementation municipale supplémentaire, autre que les mesures déjà prévues dans la loi provinciale.

Effectivement, les municipalités peuvent adopter des règlements concernant la consommation de cannabis dans les lieux publics de leur territoire et interdire de fumer du cannabis dans d’autres endroits que ceux visés par la loi québécoise. Les parcs municipaux, par exemple.

À cet effet, le réseau de santé publique se dit préoccupé par l'adoption de règlements très stricts, voire trop stricts. Pour l’instant, les règles sont grosso modo les mêmes que pour le tabac.

Des mesures plus restrictives pourraient notamment rediriger les fumeurs dans les lieux privés fermés, entraînant plusieurs effets néfastes, tel que l’exposition à la fumée secondaire. « Une grande partie du cannabis qui va être consommé va être fumé et les effets de la fumée secondaire sont équivalents à ceux du tabac, avec en plus les effets possiblement psychotropes dans cette fumée », explique le Dr Yv Bonnier-Viger, le directeur régional de santé publique Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Autrement dit, trop de restrictions risquent de contraindre les consommateurs à se réfugier dans des lieux fermés où la fumée sera moins bien évacuée. Confinés à certains lieux privés extérieurs comme les balcons et les terrasses, la fumée de cannabis des fumeurs risque aussi d’entraîner des nuisances pour le voisinage.

Équité

Il y a aussi une question d’équité puisque les jeunes sont plus nombreux à être locataires et à fumer. Ils sont donc susceptibles d’être soumis à des règlements interdisant la consommation de cannabis fumé dans leur logement, à l’intérieur ou à l’extérieur. Ils auraient donc moins accès à un lieu légal pour fumer si trop de règlements était appliqués, contrairement aux propriétaires qui pourraient plus facilement consommer chez eux. 

« Si on ajoute des règlements municipaux, ça revient à restreindre la consommation du cannabis presque partout, sauf si on a un grand terrain chez soi. C’est comme si on donne un droit, mais qu’on l’enlève en même temps. Ça va créer des iniquités parce que ceux qui ont plus de moyens pourront en bénéficier, mais pas les autres », analyse Yv Bonnier-Viger.

25 ans, dit la science

Dès leur majorité, les Québécois pourront se rendre à la Société québécoise du cannabis pour magasiner leur marijuana et se faire diriger par les conseillers de l’État. Sachez toutefois que les dangers associés ne s’estompent pas comme par magie à votre 18e anniversaire, comme le rappelle le directeur régional de santé publique.

« De ce qu’on sait du développement du cerveau, il est très sensible jusqu’à l’âge de 25 ans à ces produits, que ce soit l’alcool, le cannabis ou même le tabac. Il demeure sensible ensuite, mais sa sensibilité diminue d’une façon importante. Si on voulait se mettre un âge limite de consommation en se basant sur la science, ça devrait être 25 ans pour tous ces produits. Ceci dit, comme société, on a déjà décidé qu’à 18 ans c’est l’âge où les gens peuvent prendre leurs décisions par eux-mêmes. Pour être cohérents, il faut rester collé à cet âge. »

Enfin, une municipalité ne devrait donc pas appuyer une interdiction de consommer du cannabis dans les lieux publics sur une logique de maintien de l’ordre public comme c’est le cas pour l’alcool, précise la Direction de santé publique de la Gaspésie. Les effets psychoactifs du cannabis ne sont pas les mêmes que ceux de l’alcool et leurs impacts ne sont pas comparables. L’alcool peut conduire à la violence et au crime, alors que le cannabis tend plutôt vers le contraire.

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